Lisbonne: une introduction…

Difficile de parler de Lisbonne – beaucoup, peut-être tout, a déjà été dit et écrit sur la capitale portugaise. Mais les temps changent et la ville également… tout comme le regard que l’on porte sur elle.

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Lisbonne appartient d’abord aux lisboètes ©JBasic

Lisbonne est désormais devenue une destination touristique parmi les plus populaires: à certaines périodes de l’année, elle est littéralement envahie par les hordes de touristes, les tuk-tuk vrombissent inlassablement à travers les étroites ruelles de l’Alfama, les prix augmentent injustement là où la crise a laissé des traces profondes. Sans parler des artistes de tous horizons venus s’installer ces dernières années, en quête d’inspiration (à raison) et d’émulation à un prix abordable: la ville leur apparaît comme un nouveau Berlin avec une meilleure météo. Mais Lisbonne survit à tout cela. Elle arrive même à s’en nourrir. Sa beauté, son âme, son charme et même son caractère rugueux résistent contre vents et marées.

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Lisbonne, une ville où expérimenter le syndrome de Stendhal. ©JBasic

On dirait le sud…

Lisbonne c’est un peu le Sud mais pas totalement: une tentation serait de l’assimiler à une ville méditerranéenne, quand c’est plutôt l’Océan Atlantique qui donne le ton au lieu et aux gens, same same but different...

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Le fleuve Tage admiré depuis la tour de Belém ©JBasic

Pendant longtemps, Lisbonne a principalement rimé avec saudade, ce sentiment de vague à l’âme si bien incarné par les rythmes et les paroles du fado. Mais ce serait un autre piège que de limiter la Ville Blanche à cela.

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Paso doble entre le fado de Amàlia Rodrigues et les rythmes africains. ©JBasic

Ethniquement et musicalement, elle est surtout caractérisée par un bouillonnant et fascinant métissage: on y trouve le Mozambique, l’Angola, le Cap Vert – anciennes colonies lusophones – mais aussi d’autres pays d’Afrique, l’Inde, l’Amérique du Sud, l’Asie…. et les rythmes sont ceux du kuduro, du kizomba, de la batida, du funanà ou de l’afro-house – dont des porte-paroles comme Buraka Som Sistema ou DJ Marfox ont contribué à ouvrir le chemin au niveau international. En se promenant dans le quartier de Mouraria ou Intendente, cette Lisbonne est plus que palpable: les magasins, cafés, échoppes, les sons et les parfums en sont le témoignage.

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Le collectif Buraka Som Sistema en pleine action. ©VillageVoice

La culture s’oppose à la crise

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L’enseigne de la Cinemateca Portuguesa. ©JBasic

La ferveur artistique actuelle, plus forte que la crise et la politique d’austérité imposée par la troïka, se retrouve dans la musique et aussi dans d’autres arts, comme par exemple dans le cinéma, grâce à des auteurs comme Miguel Gomes, João Pedro Rodrigues ou encore João Rui Guerra da Mata, sans parler de le nouvelle génération montante de réalisateurs et producteurs. La place du 7ème art à Lisbonne est aussi mise en valeur par le remarquable travail d’institutions comme la Cinemateca Portuguesa, de festivals tels Doclisboa ou IndieLisboa ou encore des salles comme le Cinema Ideal, la plus ancienne de la ville, récemment restaurée.

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Souvenirs de la dernière édition de l’excellent festival Doclisboa. ©JBasic

L’art visuel n’est pas en reste grâce à des lieux comme le beau Musée Calouste Gulbenkian, où l’art classique côtoie avec finesse l’art moderne et contemporain, l’impressionnante collection du Museu Coleçao Berardo à Belem, le surprenant espace culturel Culturgest (musique, théâtre, art, cinéma..) ou le MUDE, le musée de design et de mode, établi dans une ancienne banque. A’ ces institutions, s’ajoutent aussi de nombreuses galeries et espaces alternatifs.

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Pas uniquement à l’ombre de Pessoa…

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Lumières de Lisbonne… ©KheiraLinder

Lisbonne…ville magnifique, vivante et fière où le légendaire tram 28 qui arpente les collines lisboètes, l’esprit mélancolique de Pessoa guettant aux coins de certaines rues et les maisons ornées aux beaux motifs des azulejos cohabitent avec le fourmillement multi-ethnique de la place Martim Moniz et du Centre Commercial de Mouraria, une vie nocturne enivrante et parfois décadente et des expérimentations artistiques et architecturales joyeusement audacieuses.

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Quartier de la Mouraria, à l’heure du dîner. ©JBasic
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Ventes métissées en plein marché. ©JBasic
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©JBasic

A suivre, des visites guidées en compagnie d’artistes amoureux de leur ville…

(photo de couverture: ©JBasic)

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